Déclaration CFTC au point 3 du CSE du 17/06/2026

A la CFTC, nous sommes aujourd’hui les témoins directs d’une dégradation continue et alarmante des
conditions de travail de nos collègues. Jour après jour, nous constatons des équipes épuisées, contraintes d’enchaîner les heures supplémentaires pour tenter de compenser un manque d’effectifs devenu chronique. Cette situation n’a plus rien d’exceptionnel : elle est désormais installée dans le quotidien de nombreux salariés et les CP d’été ne vont qu’aggraver cette situation.

Nous voyons des collègues sacrifier leur santé, leur équilibre personnel et leur vie familiale pour maintenir l’activité à flot. Cette surcharge permanente génère fatigue, démotivation et lassitude, tout en détériorant la qualité des conditions de travail.
Il n’est plus acceptable de fermer les yeux sur cette réalité. Ce que nous constatons sur le terrain traduit clairement une organisation en sous-effectif, reposant exclusivement sur le dépassement constant des salariés. Tout en continuant à nous demander des avis Google et Orange alors que nous avons des clients qui attendent de plus en plus. Le recours systématique aux heures supplémentaires ne peut en aucun cas constituer une solution durable.

Nous sommes aujourd’hui les témoins de décisions organisationnelles toujours plus incohérentes, qui
éloignent inutilement les salariés de leur domicile sans justification valable. Chaque jour, nous constatons les conséquences directes de ces choix : fatigue installée, risques d’accident accrus, temps de trajet interminables, déséquilibre de la vie personnelle et hausse des dépenses liées aux déplacements. Le
rapprochement domicile-travail ne doit plus être considéré comme secondaire. Il doit devenir une priorité sociale et organisationnelle essentielle au respect des salariés et de leur qualité de vie.

La politique de recrutement pour les sièges étant les mobilités groupe, les seules possibilités restantes sont de recourir à des recrutements précaires en CDD qui ne restent pas faute de perspective.

Nous souhaitons également alerter sur un non-sens en matière de gestion des compétences. Nous
disposons d’alternants que nous avons formés et sur lesquels nous avons investi, et qui expriment
clairement leur volonté de continuer au sein de notre entreprise. Pourtant, aucun poste ne leur est
proposé, car l’entreprise privilégie le recrutement de profils externes pour les magasins et internes au
groupe pour les sièges.

De plus, pour la CFTC, qualifier une situation de “cas isolé” ne constitue pas une réponse. Ce n’est pas
parce qu’un problème ne touche qu’un nombre limité de salariés qu’il doit être ignoré ou relativisé.
Chaque remontée mérite une analyse et, lorsque cela est nécessaire, des actions correctives. Le rôle de l’entreprise n’est pas seulement de traiter les problèmes de masse, mais également d’apporter des
réponses aux situations particulières lorsqu’elles révèlent des dysfonctionnements ou des difficultés
réelles.

En parallèle, nous constatons une perte d’autonomie de la ligne managériale. Les DM et RR qui sont
pourtant essentiels au bon fonctionnement des équipes, voient leurs marges de décision disparaître au profit de leurs DV. Cette situation nuit gravement à la réactivité, à la qualité du dialogue social et à
l’efficacité opérationnelle.

Les grandes annonces faites en CSE et les engagements pris dans de futurs accords sont aujourd’hui
bien loin de se refléter dans la réalité du terrain. Entre les engagements annoncés et les conditions
réellement vécues par les équipes, l’écart est devenu difficile à ignorer. Les salariés attendent moins de promesses et davantage d’actions concrètes, visibles et durables.

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